Le caisson, le B.A.-BA du menuisier (d'agencement)

La menuiserie d'agencement est la discipline de la menuiserie qui consiste à faire des meubles avec des panneaux de bois. Panneaux de bois étant à prendre au sens large : on pourrait dire qui contiennent du bois. Un peu comme il y a des bonbons aux fruits...

Le panneau de bois, vous le savez puisque vous avez lu mon antique billet sur le sujet, ça va de l'aggloméré au contreplaqué (en passant par le MDF, l'OSB, et toutes ces sortes de choses).

Pour ce billet pédagogique de début d'année, et étant donné que je suis un peu ric-rac après m'être gavé de chocolats offert du matériel hors de prix pour conclure l'année N-1 sur une note optimiste, nous allons fabriquer un caisson en aggloméré.

En fait, nous allons en fabriquer quatre.

Comme je n'ai pas envie de passer des heures à la finition, nous allons utiliser du mélaminé, c'est à dire du panneau de particules agglomérées revêtu d'une fine couche de mélamine.

Caisson ? Aggloméré ? Mélaminé ? Non ! Ne fuyez pas chez Copains des Copeaux ou Menuiserie pour simples mortels ! Vous allez voir, ça va être une série de billets vachement pédagogique :-)

A quoi ressemble un caisson ?

Le caisson, c'est très simple.

Si vous avez une cuisine aménagée, vous avez déjà des caissons qui sont posés sur le sol et vous en avez d'autres suspendus au-dessus de la crédence.

Si vous avez un dressing (c'est à dire l'énorme placard de rangement vendu sans les portes), vous en avez plusieurs accolés les uns aux autres, qui font chacun dans les deux mètres de haut.

Bref, le caisson il y en a de toutes les couleurs, il y en a de toutes les dimensions, et dans tous les cas on a affaire à un parallélépipède composé :

Vous voyez, le vocabulaire de la menuiserie d'agencement est à la portée de tous !

Il manque la façade ? Oui, en agencement le caisson n'est pas forcément fermé :-)

Les autres particularités anatomiques du caisson

Si le caisson est bas, il a des pieds.

Si le caisson est haut, il n'a pas de pieds mais on lui ajoute un système de fixation qui permet de le suspendre. Je ne parlerai que d'un système de fixation : les french cleats, parce qu'il est simple à fabriquer et simple à mettre en œuvre.

Maintenant, passons aux travaux pratiques et voyons comment fabriquer un caisson.

L'analyse de fabrication - Introduction à ce que c'est

Allez hop ! On met les mains dans le cambouis  les copeaux  On se lance !

Lorsqu'on lance la fabrication d'un meuble, même en mélaminé, il est important de ne pas se rater.

Et pour ne pas se rater il faut rédiger une analyse de fabrication.

En menuiserie, qu'est-ce qu'une analyse de fabrication ?

Pour faire court, l'analyse de fabrication énumère sur papier TOUTES les étapes de la fabrication du meuble, avec, pour chacune d'elle, les moyens, les matériaux et les fournitures mis en œuvre.

Voici un exemple d'analyse de fabrication :

Nooooon ! Je rigole, ce qui précède n'est pas une analyse de fabrication :-)

Une analyse de fabrication doit être détaillée.

Plus l'analyse de fabrication est détaillée, plus on évite les aléas et les tâtonnements.

Puisque toutes les étapes de la fabrication sont mises sur le papier avant de commencer :

Bon, dans le cas du caisson en mélaminé, je vous rassure tout de suite, il n'y a rien de bien sorcier :-)

Les étapes de fabrication d'un caisson

Voici un exemple d'analyse de fabrication d'un caisson en mélaminé :

Cette analyse-ci est une trame qui comporte les principales étapes de réalisation d'un meuble d'agencement.

Selon la méthode de fabrication utilisée, selon la matière première utilisée, selon les techniques d'assemblages utilisées, il pourra y avoir des étapes en plus, d'autres en moins. Mais, dans tous les cas, il conviendra de bien détailler chacune des étapes. (J'adore mettre du texte en gras :-) )

C'est ce que je vais faire dans les billets suivants.

La définition des besoins - Les joies du sur-mesure

Nos quatre caissons, de quoi auront-ils l'air ?

Ils seront très simples et, grâce à eux, j'ai l'ambition de ranger un peu le bordel innommable fouillis bien sympathique qui a colonisé mon labo photo à l'insu de mon plein gré.

Voici les contraintes :

A partir de ces contraintes, on connait leur destination et on va calculer leurs dimensions.

Loger sous un plan de travail

Pour déterminer les dimensions des caissons qui doivent occuper toute la longueur sous le plan de travail, on doit connaître les dimensions de ce plan de travail. Les voici :

Longueur : 1830 mm

largeur : 600 mm

OUI.

En menuiserie, l'unité de mesure est le millimètre. Pas le kilomètre, ni le centimètre.

C'est d'ailleurs très pratique : on ne travaille qu'avec des chiffres entiers.

Et on s'épargne les erreurs dues à une virgule ou une retenue mal placées.

Si on divise 1830 par 4, cela donne 457,50. On pourrait donc faire quatre caissons identiques de 457,5 mm de large. Mais... C'est franchement bâtard comme cotes...

Et puis j'ai dit qu'on travaillait avec des chiffres entiers.

Alors on va faire 1 caisson de 500 mm de large et trois caissons de 400 mm de large.

Ça nous donne :

(1 x 500) + (3 x 400) = 1 700 mm

Voyons... 1830 - 1700... Il manque 130 mm !

En fait... Non ! Il manque deux millimètres... :-)

Ce que je n'ai pas dit, c'est si mes 500 et 400 mm de large étaient les cotes intérieures ou extérieures du caisson... :-)

Ce qui m'intéresse, c'est ce que je vais mettre à l'intérieur des caissons (c'est un espace de rangement). J'ai donc pris les dimensions des objets susceptibles d'y être rangés, et il me faut au moins un caisson de 500 mm de large (dimensions intérieures), les autres pouvant être de 400 mm de large, c'est moins sensible pour le reste du bazar que j'ai à y mettre ce qui nous occupe.

A ces dimensions intérieures, je dois ajouter l'épaisseur des côtés des caissons. En clair : l'épaisseur des panneaux..

Il y a quatre caissons, ça fait huit côtés. J'utiliserai du méla de 16 mm d'épaisseur, ça fait donc 128 mm d'épaisseur pour les côtés.

On refait nos calculs :

(1 x 500) + (3 x 400) + (8 x 16) = 1 828 mm

C'est bon ! Ça passe ! :-)

On connaît la largeur, quid de la hauteur ?

La troisième contrainte concernait la hauteur : le dessus du plan de travail devait être au même niveau que le dessus des plans de travail déjà installés.

Pour déterminer la hauteur des caissons, il me faut donc trois infos :

La hauteur des plans de travail existants est de 720 mm (il s'agit du dessus de ces plans de travail)

L'épaisseur du plan de travail posé sur les caissons, est de 28 mm

Les pieds ont une hauteur minimum de 100 mm (je le sais car j'ai pris soin de les acheter avant de commencer).

Mes caissons feront donc :

720 – 28 - 100 = 592 mm

592 mm de haut.

Je ferais donc des côtés de 592 mm de haut.

En fait, je vais les faire de 575 mm de haut et, comme les pieds sont ajustables en hauteur, j'agirai sur eux pour mettre les caissons au niveau.

(mettre au niveau c'est mettre au même niveau qu'autre chose. Mettre de niveau c'est mettre à l'horizontale)

A partir de là, je peux dessiner mon plan.

Le dessin du plan

L'aspect du meuble on l'a dans la tête, on va maintenant le mettre sur le papier, et dans les moindres détails.

Pour cela, on dessine un plan. Et pour dessiner un plan, on a le choix des armes :

Moi, c'est l'option 2 que j'ai choisie : j'utilise un logiciel de dessin 2D et pas un logiciel de dessin 3D.

Pourquoi ?

La 3D c'est chatoyant et très flatteur, c'est vrai. Une fois qu'on a vu les tutos de Sketchup, on se demande pourquoi utiliser encore la gomme et le crayon... ou la 2D :-)

Le truc, c'est que notre plan, il sera finalement dessiné / imprimé sur une feuille. En 2D quoi... Alors on va démarrer en 2D et dessiner notre meuble sous différentes vues.

Une vue, c'est comme si on tourne autour d'un objet et que l'on dessine ce que l'on voit pour chaque côté.

En fait c'est bien plus que cela.

Une vue :

Ce que l'on voit est dessiné en train pleins, ce que l'on ne voit pas est dessinée en traits interrompus (c'est à dire : des pointillés :-) ).

C'est volontairement que je fais un racocurci dans la représentation des arêtes entre vues, coupes et sections.

Le plan représente donc, dans des vues, l'objet vu de différents côtés. Il y a six vues, dont une vue principale appelée vue de face.

Sur le plan, on dessine les cinq autres vues par rapport à cette vue de face, soit à côté d'elle, soit au-dessus ou au-dessous d'elle.

Voici le détail des vues à dessiner :

La vue de face.

En dessin technique, le côté représenté sur la vue de face est celui qui contient le plus d'éléments représentatifs.

Pour nous, en agencement, la vue de face est la vue qui représente l'avant du meuble.

La vue gauche.

Comme son nom l'indique, la vue gauche représente le côté gauche du meuble.

Sur le plan, on dessine la vue gauche à droite de la vue de face (et non pas à sa gauche). J'explique tout de suite après pourquoi.

La vue de droite.

Cette vue représente le côté droit du meuble.

Sur le plan, on dessine la vue de droite à gauche de la vue de face (et non pas à sa droite).

La vue de dessus.

Cette vue représente le dessus du meuble.

Sur le plan, on dessine la vue de dessus en dessous de la vue de face (et non pas au dessus).

La vue de dessous.

Cette vue représente le dessous du meuble.

Sur le plan, on dessine la vue de dessous au dessus de la vue de face (et non pas au dessous).

Mais c'est quoi cette disposition des vues à l'inverse de l'endroit où on s'attend à les trouver ?

Ce sont les normes européennes (en Amérique, la vue gauche est à gauche de la vue de face, la vue droite est à droite de la vue de face, etc).

Quelle logique y préside ?

Prenez un un dé à jouer et mettez-le face à vous de sorte à avoir le 1 devant, le 2 à gauche du 1, le 3 au-dessus.

Voici ce que vous devriez voir. Le 1 est la vue de face :

Maintenant, faites tourner le dé vers la droite, vous allez avoir le 2 en face de vous et le dé se trouve maintenant à droite par rapport à sa position initiale :

Vous avez bien la vue gauche du dé devant vous, et elle est bien située à droite de la position initiale...

Remettez le dé dans sa position initiale. Basculez-le vers le bas, vous avez le 3 face à vous (qui était au-dessus auparavant) et le dé se trouve au dessous de sa position initiale...

C'est ainsi que marche la disposition des vues en Europe.

Un autre intérêt est qu'avec ce type de projection, vous faites correspondre entre elles toutes les arêtes des différentes vues. Vous repérez ainsi si l'ensemble est cohérent et s'il n'y a pas d'oublis :

Cliquez sur l'image pour les explications

Note : pour faciliter la compréhension des différentes vues, j'ai dessiné le dé en perspective de sorte à visualiser les côtés adjacents. Lorsque je dessine mon plan, il n'y a pas de perspective.

On met quoi sur le plan ? On met tout !

Oui, on dessine tout. Même ce qui ne se voit pas. Si ça ne se voit pas, ça se dessine en pointillés.

Le plan donne l'aspect du meuble.

Le plan donne les cotes précises du meuble.

Le plan donne les cotes de chaque pièce du meuble.

Le plan indique la situation de chaque pièce du meuble (d'où les six vues).

Le plan indique les usinages et leurs emplacements.

Le plan donne les techniques d'assemblages utilisées.

Le plan dit tout. Il s'agit donc de ne pas le bâcler.

 

Le plan donne l'aspect du meuble, grâce aux six vues.

Chaque pièce est cotée, on peut donc faire la feuille de débit à partir de ces cotes.

On sait comment disposer les pièces les unes par rapport aux autres. Ce qu'une vue ne me dit pas (par exemple, la vue de face ne me dit pas où se positionne la traverse haute - à fleur de la façade ou plus à l'intérieur du meuble ? - une autre vue me l'indique – à fleur en façade, comme l'indiquent la vue gauche ET la vue droite ET la vue de dessus).

Le plan m'indique qu'il y a un usinage au pas de 32 sur l'arrière du caisson, en plus des usinages « habituels » sur les côtés du caisson.

Le plan m'indique que l'assemblage se fait à plat-joint avec des dominos : il n'y a pas de feuillure, il n'y a pas de rainure (sinon, on n'aurait pas dessiné les dominos, et on aurait bien évidemment dessiné les joints différemment).

Les emplacements de chaque domino sont indiqués. Grâce aux vues de face, de gauche et de dessus, on sait où on doit les usiner.

Bref, le plan est incontournable. Sauf peut-être quand on a 20 ans de métier derrière soi, grâce auxquels pas mal d'automatismes se sont mis en place :-)

Dans le plan qui sera disponible en téléchargement à la fin de ce billet, il y a le caisson de 500 mm de large, avec trois vues.

Pourquoi trois vues ? Il n'en faut pas six ?!

Le plan présentera les vues de face, gauche et dessus.

Pourquoi n'ai-je pas dessiné la vue droite, la vue de dos et la vue de dessous ? Parce que, dans le cas qui nous occupe, elles n'auraient rien apporté de plus. Si une vue est inutile, on ne la dessine pas.

Dans le billet suivant, j'explique pourquoi j'utilise OpenOffice Draw, et dans celui d'après j'explique pas à pas le dessin technique d'un caisson.

P.S. : Les règles du dessin technique vont bien au-delà de ce que j'explique ici, en plus, je me suis permis quelques entorses à l'orthodoxie – notamment en ce qui concerne les arêtes cachées :-) - disons que je me limite à ce qui me semble suffisant pour la fabrication des caissons. Il y a plein de tutos plus détaillés sur le web ! :-)

Dessiner des plans avec OpenOffice Draw - Introduction

OpenOffice Draw est parfait pour tracer des droites, des obliques, des figures géométriques dites remarquables, ainsi que pour les positionner au millimètre près.

Les points abordés dans cette introduction concernent :

  • les dimensions de la page,

  • l'échelle,

  • les couches,

  • le point d'origine et la particularité du système de coordonnés,

  • le tracé des éléments et leur positionnement.

Ce billet n'est pas un manuel mais un reflet de mon utilisation d'OpenOffice Draw pour le dessin des plans.

Dans le billet qui suivra juste après, je détaillerai pas à pas le dessin du plan d'un caisson et la construction des différentes vues.

Le format de la page

Le format de la page est déterminé via le menu Format puis Page....

Plusieurs formats normalisés sont proposés (de A5 à A0, Letter, Legal, etc) mais on peut s'en écarter et personnaliser la dimension de la page jusqu'à 3 000 mm par 3 000 mm.

Avoir une surface de dessin qui fait 3 mètres par 3 mètres, cela signifie que l'on peut dessiner à l'échelle 1 des meubles qui font jusqu'à 3 mètres de haut par trois mètres de large (et 3 mètres de profondeur).

Dessiner et positionner des éléments à l'échelle 1 est rudement pratique :

  • il n'y a pas de risque d'erreurs de conversion dans le calcul des cotes.

  • on repère de suite si les éléments sont à leur place, et s'ils n'y sont pas, on voit de suite ce qui ne va pas.

En outre, une grande surface de dessin permet, pour des meubles de dimensions plus « modestes », de dessiner les différentes vues. Ça tombe bien, c'est ce que l'on va faire pour les caissons qui nous occupent ! :-)

Dessiner nos meubles à l'échelle 1 présente cependant un inconvénient : l'impression du plan... Si vous êtes le seul utilisateur du plan, vous pouvez éventuellement vous en passer, mais si d'autres doivent utiliser votre plan, c'est nettement plus coton :-/

L'échelle

Vous avez besoin d'une surface plus grande ? Qui dépasse les 9 m² ? Changez d'échelle !

Cela se fait via le menu Outils puis Options..., élément OpenOffice Draw puis liste déroulante Échelle :

Cette nouvelle échelle sera utilisée pour tous les nouveaux dessins que vous créerez.

L'échelle 1:10 signifie qu'une dimension 1 sera représentée par un trait 10 fois plus petit sur le dessin. Si vous dessinez quelque chose qui fait 20 mm de long, votre trait fera 2 mm sur le dessin. Si vous dessinez quelque chose qui fait 30 cm de long, votre trait fera 3 cm sur le dessin.

Dans OpenOffice Draw, vous renseignerez toujours la dimension réelle de l'objet à dessiner (voir Le tracé des éléments et leur positionnement plus bas), et le logiciel fera le tracé correct sur la page.

Ainsi, à l'echelle 1:10, sur une feuille de dessin OpenOffice qui fait 3 mètres de côté (c'est la plus grande dimension de page possible dans ce logiciel), vous pouvez dessiner des objets pouvant faire jusqu'à 30 mètres : ils feront 3 mètres sur le dessin, ils tiendront donc dans la page.

Mais des meubles de 30 mètres, est-ce encore de la menuiserie ?

A Brobdingnag, peut-être :-)

En fait, l'intérêt de changer d'echelle, c'est de pouvoir dessiner les différentes vues, d'un meuble un peu trop grand, qui ne « logeraient » pas à l'echelle 1 sur une feuille de 3 000 mm de côté.

Les couches

Comme la plupart des logiciels de dessin, OpenOffice Draw dispose d'un système de calques.

Dans OpenOffice Draw les calques s'appellent des couches. Leur maniement est accessible au bas de la fenêtre du logiciel :

La zone de sélection des couches (encadrée en rouge).

Trois couches sont proposées d'emblée à la création du dessin et on ne peut pas les supprimer :

  1. la couche Mise en page

  2. la couche Contrôles

  3. la couche Lignes de cotes

Bien qu'elles soient intitulées Mise en page, Contrôles et Lignes de cotes, vous pouvez utiliser ces couches comme bon vous semble. Vous pouvez, par exemple, tracer des lignes de cotes dans la couche Mise en page, OpenOffice Draw ne protestera pas. Mais vous aurez simplement un peu plus de mal par la suite à vous y retrouver...

Ajouter des couches

Ajouter des couches est très simple :

  • clic, ou clic-droit, dans la zone vierge à droite des onglets Couches :

    La zone vierge, entre les onglets « Couches » et la barre de défilement horizontale, où cliquer pour créer une couche. Si cette zone n'apparaît pas, élargissez la barre occupée par les onglets Couches.

  • une boite de dialogue s'affiche, dans laquelle vous renseignez les rubriques :

    La boite de dialogue de création de couche

  • Dans cette boite de dialogue vous avez trois cases à cocher :

    1. Visible

    2. Imprimable

    3. Verrouillée

Les intitulés de ces cases à cocher sont suffisamment parlants pour qu'il ne soit pas nécessaire de les expliquer :-). Nous verrons par la suite leur utilité.

On peut ajouter autant de couches que l'on veut (il y a peut-être une limitation au nombre de couches, mais je ne l'ai pas encore rencontrée).

Une fois la boite de dialogue validée, un nouvel onglet avec le nom de la couche venant d'être créée est affiché.

Où est-il affiché ?

Ça dépend.

Cas n° 1 : l'un des trois onglets par défaut (Mise en page, Contrôles, Lignes de cote) était sélectionné lorsque vous avez créé la nouvelle couche.
La nouvelle couche s'ajoute juste après l'onglet Lignes de cote.
Cas n° 2 : un autre onglet, que l'un des trois onglets par défaut, était sélectionné lorsque vous avez créé la nouvelle couche.
La nouvelle couche s'ajoute juste après l'onglet sélectionné.

Une fois créés, l'ordre d'affichage des onglets ne peut être réorganisé (en tout cas, je n'ai pas trouvé comment le faire).

Jouer avec les couches

Ajouter des couches est très utile pour organiser le plan. On peut, par exemple, placer les éléments structurants du meuble sur une couche, les éléments d'assemblage sur une autre, la quincaillerie sur une troisième, etc.

Comme il est possible de masquer ou de rendre visibles les couches que l'on veut, on peut :

  • visualiser la totalité du dessin (les cases à cocher Visible de toutes les couches sont cochées)

  • ne visualiser et ne travailler que sur une partie du dessin (seule la case à cocher Visible de la couche qui nous intéresse est cochée. Les autres couches ont leurs cases à cocher Visible décochée).

Il faut cependant garder à l'esprit une très grosse différence de fonctionnement entre les couches d'OpenOffice Draw et les systèmes de calques que l'on peut trouver dans d'autres logiciels de dessin :

  • Dans la plupart des logiciels de dessin, si vous dessinez un élément dans un calque A et que vous activez un calque B, l'élément du calque A n'est ni accessible ni modifiable depuis le calque B. Les éléments ne sont accessibles qu'en activant et qu'en se positionnant dans le calque dans lequel ils ont été dessinés.

  • Avec OpenOffice Draw, même si vous disposez un élément sur une couche donnée, par exemple sur la couche A, il reste accessible et modifiable depuis une autre couche (par exemple, depuis la couche B). À condition, bien sûr, que la couche A soit visible et non verrouillée. Exemple illustré :

  • L'onglet cerclé de rouge est celui de la couche nommée A. Il est actif. Tout ce qui est dessiné sur la feuille l'est sur l'onglet actif. Ici, il s'agit d'un rectangle et d'un libellé « Élément de la couche A»

    Ici, la couche active est la couche nommée B. On peut pourtant sélectionner et déplacer l'élément dessiné sur la couche A

Il y a deux façons d'éviter ce comportement :

  1. Soit vous protégez la position de chaque élément dessiné dans la couche, via la boite de dialogue Position et taille (sélection de l'élément puis touche F4) .

    L'élément sélectionné de la couche A a été sélectionné,
    on a pressé la touche F4 et on a coché la case « Position » de la boite de dialogue.
    L'élément protégé ne pourra plus être déplacé par inadvertance (ni par qui ce soit d'ailleurs).

  2. Soit vous verrouillez la couche (via un clic-droit sur l'onglet de la couche puis sélection du menu Modifier la couche)

    La couche A est maintenant verrouillée.

Une fois la couche verrouillée, aucun des éléments qui y ont été dessinés ne sont accessibles et, par conséquent, ne sont ni modifiables ni déplaçables.

La première solution est longue et laborieuse si vous avez beaucoup d'éléments à protéger sur une couche donnée, alors voici une astuce :

  1. Masquez toutes les couches, sauf celle dont vous voulez verrouiller les éléments,

  2. Sélectionnez tous les éléments

  3. Pressez la touche F4

  4. Cochez la case Protéger la position.

  5. Restaurez la visibilité des autres couches

Le fait de verrouiller une couche va vous permettre de ne travailler que sur une partie de votre dessin, sans risque de modifier par inadvertance les éléments des couches verrouillées.

Ainsi vous pouvez dessiner les éléments structurants de votre meuble sur une couche dédiée, verrouiller cette couche puis en créer une nouvelle où vous dessinerez, par exemple, votre quincaillerie, sans risque de sélectionner ou déplacer les éléments précédents.

L'autre avantage de cette utilisation des couches est qu'elle nous oblige à permet une planification du dessin.

L'origine

L'origine c'est la coordonnée X,Y zéro, zéro à partir de laquelle sont calculées toutes les coordonnées X,Y des éléments dessinés (c'est à dire toutes leurs positions sur le dessin).

Pour mémoire, X c'est la coordonnée horizontale (abscisses), Y c'est la coordonnée verticale (ordonnées).

Concernant l'origine, OpenOffice Draw fait son malin : l'origine se trouve... en haut à gauche de la page... au lieu d'être situé en bas à gauche comme sur la quasi-majorité des logiciels de dessin... Comme si on construisait à partir du ciel au lieu de construire à partir du sol...

La zone de sélection du point d'origine, où l'on cliquera si l'on veut déplacer l'origine quelque part ailleurs dans le dessin

L'explication donnée est que OpenOffice Draw respecte le sens d'écriture et que l'on écrit à partir du haut à gauche puis en descendant... Bref, OpenOffice Draw est vachement adapté aux cultures dans lesquelles on écrit à partir du haut à gauche de la page puis en descendant... Merci pour les autres.

Le point d'origine peut être déplacé où l'on veut sur le dessin : il suffit de sélectionner la zone point d'origine, de la faire glisser jusqu'à l'endroit voulu sur le dessin puis de relâcher le bouton de la souris.

L'origine a été déplacé jusqu'au coin supérieur gauche de l'élément dessiné.

Les nouveaux points ZERO (X et Y) ont été cerclés de rouge.

On a maintenant un nouveau point d'origine mais les coordonnées se renseignent toujours, à partir de ce nouveau point, vers la droite et vers le bas.

C'est à dire que si l'on veut positionner les éléments en saisissant leurs coordonnées X,Y, cette particularité d'OpenOffice Draw oblige à saisir les valeurs Y en négatif...

Pour positionner un élément à X = 10 et Y = 50 (c'est à dire à 10 mm vers la droite à partir du point d'origine et à 50 mm de hauteur), vous devrez saisir : X = 10 et Y= -50...

Le tracé des éléments et leur positionnement

Nous sommes en train de dessiner les plans de quatre caissons. Tracer leurs éléments est très simple car nous n'avons affaire qu'à des rectangles :-)

On clique donc sur l'icône Formes de base, on sélectionne la forme rectangle, on trace le rectangle à la souris sur la feuille et on obtient... Un superbe rectangle bleu !

Les valeurs par défaut de l'élément

Un rectangle bleu, c'est pas top. Et chaque fois que l'on trace une forme de base, on obtient la même couleur bleue de remplissage. C'est autant de fois pas top.

Il semblerait :

  • que la couleur de remplissage par défaut soit le bleu,

  • que l'épaisseur du trait par défaut soit 0,0 mm

  • et qu'il ne soit possible d'initialiser nulle part ces valeurs par défaut avec d'autres valeurs qui nous seraient plus utiles...

Qu'à cela ne tienne !

On va sélectionner ce premier rectangle, on va lui donner des valeurs de remplissage et d'épaisseur de trait qui nous conviennent (moi c'est Couleur : invisible et Épaisseur de trait : 0,5 mm), puis il suffira de copier-coller ce rectangle et de modifier sa dimension et sa position pour dessiner d'autres éléments.

Les nouvelles valeurs appliquées à l'élément.

La dimension des objets

On peut dimensionner les objets :

  • soit à la souris (c'est approximatif),

  • soit en indiquant les dimensions au clavier (c'est aussi rapide qu'à la souris, et c'est nettement plus précis),

Pour dimensionner un élément au clavier :

  • on sélectionne l'élément avec la souris

  • on appuie sur la touche F4

  • Une boite de dialogue s'affiche où l'on saisit tant les dimensions de l'objet (en millimètres) que sa position X,Y.

  • on valide la boite de dialogue.

Ça y est ! Notre rectangle est non seulement à la bonne taille, mais il est en plus au bon endroit !

La saisie des valeurs Position et Taille, dans la boite de dialogue obtenue en ayant sélectionné l'élément à modifier puis en pressant sur la touche F4.

Dessiner les éléments suivants

Si l'élément suivant est aussi un rectangle :

  • on sélectionne le premier rectangle,

  • on fait un copié-collé (CTRL-C puis CTRL-V) : ça copie le premier rectangle exactement au même endroit que le premier, et rien ne semble se passer à l'écran. On laisse tel quel et on passe à l'étape suivante,

  • on presse la touche F4,

  • on saisit les nouvelles dimensions du rectangle ainsi que sa position dans la boite de dialogue qui s'est affichée,

  • on valide la boite de dialogue.

Ça y est ! Notre nouveau rectangle est non seulement à la bonne taille, mais il est en plus au bon endroit !

On recommence pour les rectangles suivants, et ainsi de suite.

Saisir au clavier les dimensions et les positions des éléments vous semble plus long ? En fait non. C'est beaucoup plus rapide et beaucoup plus précis qu'un dimensionnement/positionnement à la souris.

Disons que le positionnement/dimensionnement à la souris c'est utile pour avoir grosso modo l'aspect et le positionnement des éléments du meuble.

Mais quand on a une idée précise des dimensions du meuble, on connait déjà les dimensions des différents éléments et leur position les uns par rapport aux autres :-).

Le plan du caisson de 500 mm de large, pas à pas

Ce billet présente toutes les étapes de réalisation du plan du caisson de 500 mm avec OpenOffice, avec trois vues : face, gauche et dessus.

Le tout abondamment illustré.

Ça va être loooooong (et, du coup, scindé en plusieurs parties).

Le détail des étapes, le voici :

  1. L'écran de départ obtenu à l'ouverture d'OpenOffice Draw(oui, j'avais dit toutes les étapes ;-) )
  2. Le dimensionnement de la page de dessin
  3. Le réglage de l'origine
  4. La création des calques
  5. Le dessin de la vue de face
    1. Le dessin des pieds
    2. Le dessin du dessous
    3. Le dessin des côtés
    4. Le dessin de la traverse haute
    5. Le dessin des usinages au pas de 32
    6. Le dessin des dominos
  6. La construction de la vue gauche
    1. Délimiter les zones de dessin de la vue de gauche,
    2. Le dessin du fond
    3. Le dessin du dessous
    4. Le dessin de la traverse haute
    5. Le dessin des côtés
    6. Le dessin des pieds
    7. Le dessin des dominos:
      1. les dominos qui assemblent le fond aux côtés du caisson,
      2. les dominos qui assemblent le dessous aux côtés du caisson,
      3. les dominos qui assemblent la traverse haute aux côtés du caisson
    8. Le dessin des perçages au pas de 32
  7. La construction de la vue de dessus (billet à venir)
    1. La mise en place des lignes de projection
    2. Le dessin des pieds
    3. Le dessin du dessous
    4. Le dessin des côtés
    5. Le dessin de la traverse haute
    6. Le dessin des usinages au pas de 32
    7. Le dessin des dominos

Vous aurez remarqué qu'on dessine trois fois la même chose... Le truc, c'est que :

  • on ne les dessine pas de la même façon car on dessine trois vues différentes
  • ce qui est dessiné sur une vue doit correspondre à ce qui est dessiné sur les autres vues.

Ce n'est pas très clair ? Pas de panique, ça s'éclaircira dans la suite du billet.

L'écran de départ obtenu à l'ouverture d'OpenOffice Draw

J'ai donc ouvert OpenOffice Draw pour dessiner un plan et j'obtiens l'écran suivant :

Le dimensionnement de la page de dessin

La première chose à faire est de dimensionner la page pour qu'elle contienne, à l'échelle 1, mes différentes vues (vue de face, vue gauche et vue de dessus).

Cela se fait via le menu Format puis Page... et on rentre la nouvelle dimension dans la boite de dialogue qui s'affiche :

La boite de dialogue de dimensionnement de la page

La page ressemble maintenant à ça :

Le réglage de l'origine

La deuxième chose à faire est de positionner notre origine.

On va la placer de sorte à pouvoir dessiner trois vues, et pour savoir où placer cette origine, on va tracer trois rectangles qui occupent, à la louche, la surface de chacune des vues :

On glisse un repère horizontal et un repère vertical depuis les règles :

puis on fait glisser l'origine dessus. Comme les repères sont magnétiques, l'origine va « coller » dessus.

On peut maintenant virer nos trois rectangles tracés à la louche.

On peut laisser les lignes de repère (c'est bien d'avoir des repères dans la vie) : elles serviront à repositionner l'origine à l'ouverture suivante du document.

(Bug d'OpenOffice Draw ? A chaque ouverture du dessin, l'origine se trouve en haut à gauche de la page, même si on l'a délibérément placé ailleurs dans le document lors de la session de travail précédente. Il faut donc « repositionner » l'origine à chaque ouverture du dessin... C'est ballot.).

La création des calques

Notre feuille est presque prête, il reste à créer les couches qui recevront les différents éléments du caisson.

Ces éléments peuvent être regroupés en quatre familles :

  1. la structure proprement dite (les côtés, le dessous, le dos, la traverse haute)
  2. les pieds (il n'y aura que les pieds comme quincaillerie)
  3. les éléments d'assemblage (ici, des Dominos)
  4. les usinages (les perçages au pas de 32)

On va donc créer quatre couches que l'on nommera ainsi.

Clic dans la zone des onglets, à droite d'une couche existante :

Le curseur de la souris indique où il faut cliquer

Saisie du nom de la couche (ici, on la nomme Structure) :

Validation sur le bouton ok et on recommence la même chose pour les autres couches.

Au final, notre document ressemble à ça :

En bas de l'écran, la zone affichant les différents onglets créés. A noter qu'à chaque ouverture du fichier dessin, il faudra élargir cette zone à la souris pour afficher son contenu.

Le dessin de la vue de face

Nous allons dessiner tous les éléments de la vue de face. C'est ce qu'on verrait du meuble si on était face à lui.

Et que voit-on ?

  • deux pieds,
  • un « dessous »,
  • un côté gauche,
  • un côté droit,
  • une traverse haute,
  • un fond,
  • les usinages au pas de 32.

Et qu'est-ce qu'on ne voit pas ?

  • les dominos qui servent à l'assemblage

On va donc commencer par dessiner les pieds.

Le dessin des pieds

Alors :

  1. Les pieds, c'est de la quincaillerie. On va donc les dessiner sur la couche Quincaillerie
  2. La dimension du pied utilisé c'est 59,6 mm de large et 100 mm de haut. C'est une dimension hors-tout.
  3. Le pied est vissé par son centre au caisson, avec une vis qui traverse le dessous du caisson.

Première chose à faire pour dessiner un pied (qui fait partie de la quincaillerie) : cliquer sur l'onglet Quincaillerie pour le rendre actif.

Tout ce qui sera dessiné maintenant le sera sur l'onglet Quincaillerie (même si ce qu'on dessine est accessible depuis les autres onglets, voir tuto précédent).

Pour dessiner le pied, on sélectionne le rectangle dans les formes de base :

Puis on le trace dans la feuille, à la souris (peu importe ses dimensions et sa position à ce stade) : on obtient un rectangle avec un bleu moche comme couleur de remplissage.

Cette couleur bleue est moche et inutile, l'épaisseur du trait (0 mm) risque de poser problème à l'impression. On va donc modifier ces deux valeurs :

On presse ensuite la touche F4 pour dimensionner et positionner ce rectangle qui symbolise le premier pied du meuble :

Comme dimension, on indique :

  • 59,6 comme largeur
  • 100 comme hauteur

Comme Position, on indique :

  • 50 pour X
  • 0 pour Y

Faites attention au point de base : les coordonnées X,Y saisies correspondent au coin inférieur gauche du pied, on va donc cocher le point inférieur gauche du point de base.

Avec X=50 et Y=0, cela veut dire que le bord du pied se trouve à 50 mm (à 50 mm de quoi ? À 50 mm du bord du caisson, on verra ça plus tard). C'est bien joli, mais c'est pas exactement comme ça qu'il faudrait indiquer la position du pied.

Voici une photo des pieds utilisés :

On le voit, le pied est fixé par son centre. Ce qui nous importe, c'est la cote de perçage pour visser le pied :-).

Comme le pied fait 59,6 mm de large, si on veut que l'un de ses bords se trouve à 50 mm du bord du caisson, il va falloir le positionner à :

50 + (59,6 / 2) = 79,80.

À 79,80 mm.

Vous allez percer à 79,80 mm, vous ? Non.

Moi non plus.

Allez hop ! On arrondit à 80 mm et on corrige la position sur le dessin :

Dans la boite de dialogue, on a modifié le point de base (cerclé en vert) :

et on a indiqué 80 comme position X.

Le pied est maintenant correctement positionné sur le plan.

On va maintenant s'occuper du pied droit.

Le pied droit

Facile ! On va copier-coller le premier pied puis simplement modifier sa position.

Tout comme le pied gauche se trouve à 80 mm du bord gauche du caisson, le pied droit se trouve à 80 mm du bord droit du caisson. Déterminer sa position est donc simple :

  • le caisson faisant 500 mm de large, le bord droit du caisson se trouve à 500 mm
  • le pied se trouve donc à : 500 – 80, soit 420 mm comme coordonnée X.

Détail des opérations pour positionner le pied droit :

Sélection du pied gauche puis CTRL+C et CTRL+V : rien ne change à l'écran

On presse la touche F4, la boite de dialogue Position/Taille s'affiche :

On saisit les nouvelles valeurs, en faisant attention aux points de base :

X = 450

Y = 0

On valide : le pied droit est maintenant correctement positionné :

On va maintenant dessiner le dessous.

Le dessin du dessous

Le dessous, les côtés, la traverse haute, le fond, font partie des éléments structurants. On va donc les dessiner sur la couche nommée Structure.

Vue de face, à quoi ressemble un dessous de caisson ?

  • il fait 500 mm de large
  • son épaisseur est de 16 mm (l'épaisseur des panneaux de mélaminé dans lequel on le débitera)
  • il « repose » sur les pieds, c'est à dire qu'il se trouve à 100 mm au-dessus du sol.

Plutôt que de tracer à nouveau un rectangle, dont il faudra modifier la couleur et l'épaisseur du trait, on va copier-coller un des rectangles déjà dessinés puis on modifiera sa taille et sa position.

Voici le détail des opérations :

On copie-colle un des pieds, sélection d'un des pieds à la souris :

On active l'onglet « Structure » en cliquant sur son nom :

On presse les touches CTRL+V : rien ne bouge à l'écran, c'est normal.

On presse la touche F4 qui affiche la boite de dialogue Position/ Taille et qui contient les données de l'objet copié:

On indique les nouvelles données :

  • X = 16,
  • Y = -100
  • Largeur = 500
  • Hauteur = 16

On a bien fait attention aux points de base.

On valide la boite de dialogue, le dessous est maintenant correctement dessiné :

Pourquoi a-t-on indiqué Y=-100 et pas Y= 100  ? A cause du système de coordonnées d'OpenOffice Draw...

Pourquoi a-t-on indiqué X=16 et non pas X=0 ? Parce que X=0 est la «coordonnée » gauche du meuble.

Le meuble « démarre » bien à zéro mais c'est la face gauche du côté gauche qui « démarre » à zéro. Le dessous démarre à la face droite du côté gauche, c'est à dire à zéro plusse 16 mm (l'épaisseur du côté)...

Maintenant : les côtés.

Le dessin des côtés

Il y a deux côtés à dessiner : celui de gauche et celui de droite.

Comme là aussi il s'agit de rectangles, on va les dessiner de la même façon que les trois rectangles précédents, à savoir :

  • copier-coller d'un rectangle existant,
  • indications de sa nouvelle position et dimension.

Vu de face, à quoi ressemble un côté ?

  • Il fait 575 mm de haut
  • il fait 16 mm d'épaisseur (l'épaisseur des panneaux mélaminés dans lequel on le débitera
  • le dessous du côté est à fleur du dessous du caisson, c'est à dire qu'il se trouve à 100 mm au-dessus du sol.

On va rentrer tout ça dans l'ordi. Voici le détail des opérations :

On copie colle un des rectangles, sélection à la souris puis CTRL+C et CTRL+V :

Rien ne bouge à l'écran – c'est normal – on presse alors la touche F4 qui affiche la boite de dialogue Position/ Taille et qui contient les données de l'objet copié :

On fait attention aux points de base puis on indique les nouvelles données :

  • X = 0,
  • Y = -100
  • Largeur = 16
  • Hauteur = 575

On a bien fait attention aux points de base.

On valide la boite de dialogue, le côté gauche est maintenant correctement dessiné :

Occupons-nous du côté droit et, là aussi, c'est très simple.

Tout comme on a créé un pied droit à partir d'un pied gauche, on va créer le côté droit à partir du côté gauche :

  • on va copier-coller le côté gauche
  • on va indiquer ses nouvelles coordonnées

Vu de face, à quoi ressemble un côté droit ?

  • il a les mêmes dimensions qu'un côté gauche,
  • il est simplement positionnée 516 mm plus à droite... :-)

Voici le détail des opérations :

On copie colle le côté gauche, sélection à la souris puis CTRL+C et CTRL+V :

Rien ne bouge à l'écran – c'est normal – on presse la touche F4 qui affiche la boite de dialogue Position/ Taille et qui contient les données du côté gauche:

On indique les nouvelles données :

    X = 516,
  • Y = -100
  • Largeur = 16
  • Hauteur = 575

On a bien fait attention aux points de base.

On valide la boite de dialogue, le côté droit est maintenant correctement dessiné :

Et voilà !

C'est nettement plus rapide à faire qu'à expliquer... :-)

On va maintenant s'occuper de la traverse haute.

Le dessin de la traverse haute

Vue de face, à quoi ressemble une traverse haute ?

C'est un rectangle de 500 mm de large et de 16 mm de haut.

Ça ne vous rappelle rien ?

Si !

Représenté de face, c'est la même chose que le dessous. Mais placé un petit peu plus haut...

On va donc copier-coller le dessous et modifier son positionnement :

On sélectionne le dessous à la souris et on presse les touches CTRL+C puis CTRL+V. Rien ne se passe à l'écran, c'est normal :

Sans rien désélectionner, on presse la touche F4, la boite de dialogue Position /Taille s'affiche, elle contient les valeurs de l'objet copié :

On modifie ces valeurs pour qu'elles correspondent à celles de la traverse haute, c'est à dire :

  • X = 16
  • Y = - 659

puis on valide la boite de dialogue.

La travers haute est maintenant dessinée à la bonne place :

On en a terminé avec les éléments structurants de la vue de face, on attaque les usinages, ici les perçages au pas de 32.

Le dessin des usinages au pas de 32

Un perçage au pas de 32, qu'est-ce que c'est ?

C'est un alignement de trous :

  • dont la diamètre est de 5 mm,
  • dont la profondeur est de 8, 11 ou 13 mm,
  • dont la distance, au centre, entre chaque trou est de 32 mm
  • dont le premier trou démarre à une distance de 32 mm du haut du caisson (ou à un multiple de 32 mm).

Dans notre caisson de 500 mm de côté, il y a un perçage au pas de 32 :

  • sur le fond
  • sur chaque côté

Vu de face :

  • le perçage du fond est visible
  • les perçages des côtés ne sont pas visibles

Comme il s'agit d'un usinage et que l'on a créé une couche pour le dessin des usinages, on va activer cette couche :

On a tous les éléments en main pour dessiner notre perçage au pas de 32 mm.

On trace un premier cercle de diamètre quelconque, à un endroit quelconque du plan :

On modifie sa couleur et son épaisseur de trait, comme on sait déjà le faire :

On presse la touche F4, on fait attention aux points de base puis on modifie sa dimension et son positionnement :

  • Hauteur = 5 mm
  • Largeur = 5 mm
  • X = 266 (le centre du fond)
  • Y = - 643 (c'est à dire : hauteur totale des Pieds + hauteur total des Côtés - 32)

Il ne reste plus qu'à tracer les autres perçages...

C'est très long de dessiner les N trous d'un perçage au pas de 32... Alors on peut :

  1. Dessiner un long rectangle de 5 mm de large qui les symbolise tous (et il faudra ensuite se souvenir ce que symbolise ce rectangle...),
  2. Se dessiner une bonne fois pour toutes un alignement de perçages au pas de 32, qui sera sauvegardé comme modèle dans un fichier dessin à part et que l'on réutilisera dans les nouveaux plans

La deuxième solution est plus rationnelle.

Le dessin des pas de 32 des côtés

Ils ne se voient pas vraiment.

On les dessinera donc en pointillés.

Mais..., plutôt que de redessiner un à un ces perçages là, il est plus rapide de :

  • copier-coller les usinages au pas de 32 précédents,
  • modifier le type de trait de continu à Fine pointillé
  • déplacer cette colonne de perçages sur le côté gauche
  • copier-coller cette colonne puis la déplacer sur le côté droit du meuble

Eh oui... On deviet fainéant avec l'informatique... Mais rassurez-vous : pour la fabrication du caisson, il n'y aura pas de copié-collé possible ! :-)

Le dessin des dominos

Les Dominos sont des faux tenons en hêtre massif produits par Festool (c'est pour ça que j'écris Domino avec une majuscule. J'ai le respect).

(Toutes mes excuses aux internautes qui atterrissent sur cette page en ayant cherché «jeu de domino interactif» dans un moteur de recherche)

On dit « faux tenons » car ce sont des tenons qui ne sont pas usinés dans le volume de la pièce à assembler.

Ces Dominos serviront à :

  1. assembler le dessous et le fond,
  2. assembler les côtés et le fond,
  3. assembler les côtés et le dessous,
  4. assembler la traverse haute aux côtés.

On va utiliser des Dominos qui font 5 mm d'épaisseur, 30 mm de long et 19 mm de large. C'est un parti pris technique audacieux dans la mesure où on va mortaiser dans du mélaminé de 16 mm d'épaisseur, c'est à dire 1 mm de plus que la moitié d'un domino...

(J'adore l'expression parti pris technique audacieux, ça signe le mec qui se rend compte en cours de route qu'il a fait un choix technique hasardeux mais qui roule néanmoins des mécaniques pour esbrouffer qu'il s'agit en fait d'une décision mûrement réfléchie...)

On verra ultérieurement comment s'en sortir :-)

Nota bene :

Si la notion de « Domino » Festool ne vous est pas familière, remplacez Domino par tourillon, le principe est le même : il s'agit de faire un trou sur chaque élément à assembler et d'y glisser soit un Domino, soit un tourillon.

Le trou pour le tourillon est rond et s'appelle perçage, le trou pour le Domino est oblong et s'appelle mortaise.

On usine les premiers avec une perceuse (ou avec une tourilloneuse Mafell pour les plus dépensiers d'entre nous) et les seconds avec une Domino Festool.

Les problématiques « Combien on en met ? » et « On les espace de combien ? » sont les mêmes dans les deux cas.

On va donc dessiner ces Dominos en quantité suffisante et à la position à laquelle ils se trouveront dans le caisson.

Comment représenter un domino ?

J'utiliserai les Dominos qui font 5 mm d'épaisseur et 30 mm de longueur.

Vu de face, lorsqu'on assemble le dessous et le fond, on « voit » le bout du domino.

Lorsqu'on assemble les côtés et le fond, on voit le « plat » du Domino.

Lorsqu'on assemble les côtés et le dessous, on voit le « chant » du Domino.

Lorsqu'on assemble la traverse haute aux côtés, on voit le « chant » du Domino.

En somme, on voit ça :

Les deux questions qui se posent maintenant sont donc :

  1. Combien de Dominos ?
  2. De combien les espacer ?

La réponse est... il n'y a pas de règle !

Mais on peut raisonnablement imaginer que deux Dominos seulement sur une hauteur de plus de 500 mm ça ne sera pas assez... Et que 50 Dominos ça sera beaucoup trop...

On va dire qu'on en mettra un tous les 150 mm à peu près et que ceux situés aux extrémités des panneaux se trouveront à 50 mm de ces extrémités.

Ainsi, pour fixer les côtés au fond, on va avoir 475 mm à « couvrir » (575 – 50 – 50 = 475).

Prenez votre mètre ruban, déroulez 475 mm, imaginez que vous avez un Domino à 0 et un autre à 475 (les deux extrémités), combien mettriez-vous de dominos entre 0 et 475 ?

A vue de nez, deux de plus (ce qui fait trois intervalles). Si on divise 475 par trois, ça fait 158 et des poussières : on n'était pas loin des 150 mm dont je parlais juste avant... :-)

Hein ? Quoi ? C'est toujours aussi empirique ?!

Pas toujours, mais souvent :-)

Occupons-nous maintenant de l'assemblage du fond au dessous : on a 500 mm.

Si on reprend les règles empiriques qui viennent d'être énoncées, on met un domino à 50 mm de chaque extrémité du fond, puis on voit ce qui reste à « couvrir » : 450 mm.

On pourrait poser un domino à peu près tous les 150 mm, ou se dire que cette partie va supporter le poids du caisson plus le poids du plan de travail (bien que le poids de ce dernier sera réparti entre les quatre caissons) et qu'il faudrait peut-être en mettre un de plus, par sécurité.

Allez ! On se décide pour 4 dominos pour les côtés et le fond, et 4 autres dominos pour le fond et le dessous.

Reste à les dessiner. Pour cela, on se place d'abord dans l'onglet Assemblage.

Dessiner les Dominos pour les côtés et le fond

En vue de face, ce que l'on voit des Dominos qui assemblent les côtés et le fond c'est le « plat ».

On va d'abord « modéliser » un Domino, il s'agira d'un rectangle de 28 mm de long et de 19 mm de haut.

On sélectionne la forme « rectangle arrondi »

On trace un rectangle d'une forme quelconque et on modifie son type de ligne et sa couleur

 

Puis on presse la touche F4 pour modifier sa position et sa taille, on indique :

  • X= 4
  • Y= -150
  • Largeur = 28
  • Hauteur = 19

Le premier domino est maintenant correctement positionné :

Pour positionner le Domino qui se trouve à 50 mm du haut, on va copier-coller ce premier domino et modifier la position Y en - 625.

Pourquoi - 625 ? A cause du système de coordonnées d'OpenOffice Draw...

Comment calculer cette position ?

C'est très simple :

  • Les pieds font 100 mm de haut,
  • les côtés font 575 mm de haut et se trouvent sur les pieds,
  • on a donc 575 + 100 = 675, 675 c'est le bord haut du côté,
  • 675 – 50 = 625.

Voici le détail du positionnement en images :

On sélectionne le premier Domino :

On copie-colle le Domino, rien ne se passe à l'écran, c'est normal :

On presse la touche F4 pour modifier la position :

Le Domino est maintenant à sa nouvelle position :

Pour dessiner et placer les Dominos intermédiaires, on a le choix entre :

  1. copier-coller les Dominos les uns après les autres et modifier leur position via la boite de dialogue Position et Taille,
  2. copier-coller deux fois le Domino, les sélectionner les quatre et utiliser la fonction Répartition verticale du logiciel (accessible via le menu Modifier... puis Répartition / Vertical / Espacement ),

1. Copier-coller deux fois le Domino :

Vous savez faire. Pas besoin de copie d'écran ! :-)

2. Utiliser la fonction Répartition verticale du logiciel (accessible via le menu Modifier... puis Répartition / Vertical /Espacement )

Les Dominos du haut et du bas n'ont pas bougé, les Dominos intermédiaires ont été placés à égale distance entre eux et par rapport aux Dominos des extrêmités :

Ces quatre Dominos étant toujours sélectionnés, on va les grouper (Menu Modifier... etc).

Puis on va les copier-coller pour les positionner sur le côté droit.

 

 

Reste à dessiner les Dominos qui assemblent le dessous au fond, les côtés au dessous et la traverse haute aux côtés.

Avec la super-vision de Superman qui traverse les cloisons opaques et le caisson vu de face, les Dominos qui assemblent le dessous au fond sont vus en bout.

Ceux qui assemblent les côtés au dessous sont vus sur chants.

Il en va de même pour les Dominos qui assemblent la travers haute aux côtés.

On va donc représenter ces Dominos avec les dessins correspondants, piochés ci-dessous :

Et comme j'ai déjà expliqué en (trèèès) long et en (trèèès) large comment dessiner et positionner des éléments dans OpenOffice Draw, je vous passe la main pour le dessin des Dominos restant... :p

Si, à ce stade du B.A.-BA vous voulez faire joujou avec la vue de face du caisson, vous pouvez télécharger tout à fait légalement le fichier OpenOffice Draw en cliquant ici (il y a un écran de pub pour le site de partage qui héberge le fichier, mais il n'est pas bloquant).

Voilà ! On en a terminé avec le dessin de la vue de face, il ne reste que les deux autres vues à dessiner :

  1. la vue gauche,
  2. la vue de dessus.

Le dessin de la vue de gauche

Poursuivons cette passionnante activité qu'est le dessin du plan du caisson... :-)

Passionnante car elle est le prémisse de joies plus intenses encore : l'établissement de la feuille de débit, le calepinage, le débit, les usinages des mortaises et les perçages au pas de 32, l'assemblage où - Ô félicité suprême - l'on va enfin pouvoir donner du serre-joint et de la colle...

Viendra ensuite la pose in situ et, apothéose finale, l'utilisation de ce caisson aux fins de rangement et de dégagement de l'espace de vie...

Et toutes ces opérations vont se dérouler sans anicroches car nous aurons fait deux choses essentielles avant même de commencer à toucher le moindre bout de bois :

  1. un plan qui tient la route,
  2. une analyse de fabrication qui tient la route.

Ce septième billet du premier B.A.-BA Kokumotsu va traiter du dessin de la vue gauche.

Voir à gauche, une façon de voir pas si mauvaise que ça :p


À la fin du précédent billet, nous avions une vue de face du caisson qui présentait tous ses éléments visibles (et même ses éléments invisibles, alors que, si on suivait à la lettre les règles du dessin technique, on ne devrait pas les faire figurer. Je m'en suis expliqué ici)

Si cette vue de face dit déjà beaucoup de choses, elle ne dit cependant pas tout. Les autres vues sont là pour complèter.

Que nous dit notre vue de face ?

Elle nous dit :

  • où sont situés les éléments les uns par rapport aux autres, sur la hauteur et sur la largeur du caisson,
  • elle indique la position et la profondeur des usinages.

Qu'est-ce qu'elle ne nous dit pas ?

Elle ne nous dit pas :

  • où sont situés les éléments les uns par rapport aux autres, sur la profondeur du caisson,
  • où sont situés les usinages, dans le sens façade vers fond..

Ces derniers points, la vue gauche nous les indiquera.

Définir l'emplacement de la vue gauche sur le dessin

Comme expliqué dans la page Le dessin du plan, la vue gauche est représentée à droite de la vue de face et présente ce que l'on voit si l'on regardait le côté gauche du meuble.

Pour obtenir cette vue gauche, on fait "pivoter" la vue de face vers la droite.

La page Le plan du caisson de 500 mm de large pas à pas présente les trois vues (face, gauche et dessous), la correspondance entre les vues et leur disposition sur le plan :

Pour arriver à ce résultat nous allons tracer des repères délimitant les zones où seront dessinées la vue de gauche et la vue de dessous :

  1. On va d'abord faire glisser un repère depuis la règle verticale (à gauche) vers le côté droit du caisson vu de face.

    Avec le repère situé sous les pieds du caisson, on a une intersection qui va nous donner le point de départ de la ligne oblique qui vient juste après.
  2. On trace une oblique de 45° dont le point de départ se situe à l'intersection des deux lignes de repères que l'on vient de tracer.
  3. On place ensuite un autre repère vertical à droite de la vue de face, où l'on veut à droite (mais ni trop loin, ni trop près quand même de la vue de face, vous allez vite comprendre pourquoi par la suite).
  4. Ce repère vertical vient en intersection avec le trait oblique : on fait alors descendre un repère horizontal jusqu'à cette intersection.
  5. enfin, on place un repère horizontal sur le haut du caisson (en vue de face).

Voici les mêmes explications en images :

Là, c'est le plan du caisson tel qu'il était à la fin du billet précédent

On fait glisser un repère depuis la règle verticale (à gauche) vers le côté droit du caisson vu de face

Sélection de l'outil Trait à 45°

L'oblique de 45° dont le point de départ est situe à l'intersection à des deux lignes de repères que l'on vient de tracer

On a placé un deuxième repère vertical à droite de la vue de face.

Gros plan sur le repère horizontal, placé à l'intersection entre le trait oblique et le repère vertical précédent.

Le dernier repère à placer : en haut du caisson.

Ces trois repères verticaux et horizontaux déterminent les points de départ des vues de gauche et de dessous.

Les zones où seront dessinées les vue de gauche et de dessous

Maintenant, pour dessiner la vue gauche, on va projeter des lignes à partir de la vue de face, vers la vue de gauche.

Et pour cela, on va utiliser des repères comme on l'a fait jusqu'à présent :

On place un repère au bas du caisson :

On a ainsi délimité le haut et le bas du caisson (hormis les pieds) pour la vue gauche :

Limites haute et basse du caisson, vue de gauche.

Les zones des différentes vues étant maintenant délimitées, on peut attaquer le dessin de la vue gauche.

Dessiner le côté du caisson sur la vue de gauche

La pose de ces repères et lignes de projection nous permet de situer trois des côtés du côté dont les dimensions sont :

Hauteur : 575 mm.

Profondeur : 585 mm.

Tiens ! Pourquoi ai-je écrit la profondeur en gras ? Parce que jusqu'à présent je ne l'avais pas mentionnée... Nulle part je n'avais indiqué la profondeur du caisson... Alors que c'est quand même une cote indispensable... Si je n'ai pas toutes les dimensions du meuble, je ne peux pas dessiner de plan...

Le côté du caisson fait donc 575 mm de haut et 585 mm de profondeur. Sur le plan, on dessinera un rectangle ayant ces dimensions :

  • Largeur : 585
  • Hauteur : 575

Une fois dessiné, on le positionne à la souris contre les trois repères/lignes de projection. Ces repères étant magnétiques, le rectangle se positionnera à la bonne place :

Le côté, positionné à sa place.

Histoire d'alléger les explications, j'ai omis les étapes copier-coller d'un rectangle existant / Touche F4 / Modification des valeurs / Validation car elles ont largement abordées dans le billet sur le dessin de la vue de face.

Comme vous pouvez le constater, dessiner un élément de la vue de gauche est nettement plus rapide si on a dessiné auparavant la vue de face...

Les autres éléments à dessiner sur la vue de gauche

Il reste à dessiner :

  • le fond,
  • le dessous,
  • la traverse haute,
  • les pieds,
  • les dominos qui assemblent le fond aux côtés du caisson,
  • les dominos qui assemblent le dessous aux côtés du caisson,
  • les dominos qui assemblent la traverse haute aux côtés du caisson,
  • les perçages au pas de 32.

Ça fait beaucoup de choses mais le truc sympa c'est que l'on va utiliser ce qui a déjà été dessiné sur la vue de face pour dessiner et positionner rapidement les éléments de la vue de gauche.

En fait, on ne va pas dessiner les pieds maintenant, on le fera plus tard avec l'aide de la vue de dessus et de la vue de face.

Le dessin du fond

L'épaisseur du fond est de 16 mm, la même épaisseur que celle du dessous et des côtés.

Quand on regarde la vue de face, le dessin des Dominos nous indique que le fond est pris en sandwich entre les côtés du caisson :

La position des Dominos (vus sur le plat, à cheval sur le côté et le fond, indique que le côté vient contre le fond et non l'inverse.

Si les Dominos étaient représentés par leur extrémité, cela voudrait dire que le fond est plaqué contre le chant arrière des côtés (comme c'est le cas pour le fond et le dessous).

Voyons cette disposition du fond par rapport au dessous du caisson, là les Dominos sont représentés par leur bout :

Face à nous, les Dominos sont représentés par leurs bouts, ce qui veut dire que le fond vient contre le chant arrière du dessous.

On en déduit donc que le fond vient contre le chant arrière du dessous.

Grâce à tout cela, on sait :

  • que le fond est pris en sandwich entre les côtés du caisson,
  • qu'il ne « repose » pas sur le dessous mais est placé contre son chant arrière,
  • que la hauteur du fond est égale à celle des côtés du caisson.

Rien de plus simple maintenant que le dessin du fond :

  • on vérifie qu'on est toujours sur la couche Structure,
  • on copie-colle le côté qui vient d'être dessiné à l'étape précédente,
  • on modifie sa largeur à 16 mm,
  • comme le fond est « caché », on modifie son tracé de ligne continue à ligne pointillée.

Résultat :

Le fond, dessiné sur la vue de gauche.

Dessiner le dessous

Le dessous fait aussi 16 mm d'épaisseur, la même épaisseur que celle des côtés et du fond.

La vue de face nous dit :

  • que le dessous est pris "en sandwich" entre les côtés,
  • que son chant arrière vient se plaquer contre le fond (on le voit au dessin des Dominos : ils sont représentés par leur bout).

On peut donc déduire la profondeur du dessous (c'est la seule dimension du dessous qui nous intéresse pour le dessiner sur la vue de gauche) :

  • profondeur du dessous = profondeur des côtés moins épaisseur du fond,
  • soit : 585 - 16 = 569 mm.

On dessine maintenant le dessous dans la vue de gauche :

  • on copie-colle un côté,
  • on dimensionne et positionne l'objet copié comme suit :
    • Hauteur : 16 mm
    • Largeur : 569 mm
    • X = 16
    • Y = -100
    • (ces coordonnées X,Y ont été saisies avec le point de base en bas à gauche dans la boite de dialogue, et avec une origine (point zéro) situé sur la ligne des pieds du caisson),
    • comme le dessous est « caché », on modifie son tracé de ligne continue à ligne pointillée.

Le résultat :

Le dessous, dessiné sur la vue de gauche.

Dessiner la traverse haute

La traverse haute fait 16 mm d'épaisseur (comme tous les éléments du caisson).

La vue de face nous dit :

  • que la traverse haute se trouve en haut du caisson,
  • qu'elle est prise "en sandwich" entre les côtés.

Mais la vue de face ne nous dit pas :

  • à quelle position sur la profondeur du caisson se trouve la traverse haute,
  • quelle est la largeur de la traverse haute.

Ces points-là, c'est nous qui en décidons. Et pour en décider, il faut savoir à quoi sert cette traverse haute :

  • elle maintient constant l'écartement des côtés en haut du caisson,
  • elle est de largeur suffisante :
    • pour être suffisament rigide et résistante,
    • et pour permettre la manipulation du caisson sans trop le déformer ni risquer de la briser (elle est faite en agglo de 16 mm d'épaisseur, ce qui est quand même un peu léger).

Maintenir constant l'écartement en haut du caisson, à quoi ça sert ?

  1. Les deux côtés du caisson seront toujours parallèles,
  2. Si les deux côtés sont toujours parallèles, on pourra installer portes et tiroirs par la suite, et on n'aura pas de problèmes pour les actionner.

Où positionner cette traverse haute ? A fleur de la façade.

Quelle largeur lui donner ? Je ne sais pas... Au pif, je dirais que pour un caisson de 585 mm de profondeur, 100 mm devrait le faire. Rien n'empêche non plus de poser plusieurs traverses en haut du caisson.

Maintenant, occupons-nous du dessin de cette traverse :

  • on copie-colle le dessous,
  • on modifie ses dimensions et coordonnées comme suit :

Le résultat :

Dessiner les pieds

Les pieds, on les dessinera sur la vue de dessus, et grâce à cette vue, on les positionnera ensuite sur la vue de gauche, grâce aux lignes de projection.

Dessiner les Dominos qui assemblent le fond aux côtés du caisson

Ces Dominos sont déjà dessinées sur la vue de face, on connait donc leur nombre et leur position. Il faut maintenant les représenter sur la vue de gauche mais plutôt que de les redessiner un à un, on va simplement :

  • les copier-coller à partir de la vue de face,
  • modifier leurs dimensions avec la touche F4,
  • les positionner au clavier.

Voici les étapes en images :

  1. Pose de la ligne de projection (un repère pris dans la règle haute et descendu jusqu'au premier Domino) :
  2. On active la couche Assemblage :
  3. On sélectionne une colonne de Dominos et on copie-colle :
  4. On modifie leurs dimensions à 5 mm, via la touche F4 :
  5. On les déplace (au clavier, flèche droite) jusqu'à leur nouvelle position :

Et voilà ! :-)

Dessiner les Dominos qui assemblent le dessous aux côtés du caisson

Il s'agit des Dominos signalés ici en vert :

Ces Dominos vont être dessinés dans cette zone-ci :

La vue de face nous indique la hauteur des Dominos mais elle ne nous renseigne pas sur le nombre de Dominos à utiliser ni sur leur espacement sur le côté.

C'est donc à nous, émérites concepteurs de caissons, qu'incombe cette lourde responsabilité...

Nous avons vu précedemment qu'on mettait un Domino à 50 mm environ de chaque extrémité de la pièce et qu'on en mettait ensuite un tous les 150 mm environ. Eh bien on va faire pareil pour les Dominos qui assembleront les côtés au dessous.

  1. On copie-colle un Domino présenté en bout :
  2. on modifie ses coordonnées via la boite de dialogue appelée par la touche F4 (on fait attention au point de base) :
  3. le Domino est alors positionné :
  4. on copie-colle ce Domino et on lui donne une nouvelle position :
  5. on recommence pour les Dominos suivants, en modifiant leurs positions. Au final, on obtient ceci :

On aura remarqué que pour ces Dominos :

  • on n'a pas utilisé de lignes de projection,

C'est dû à la présence d'esprit d'OpenOffice Draw qui, lorsqu'on copie-colle un objet, le colle pile au même endroit que l'objet copié. Il nous suffit alors de ne modifier que l'une des coordonnées et laisser l'autre inchangée.

Dessiner les dominos qui assemblent la traverse haute aux côtés du caisson

La traverse haute sera fixée aux côtés du caisson par quatre Dominos, deux à chaque extrêmité.

Le dessin de ces Dominos se fait de la même façon que pour les Dominos qui fixent les côtés et le dessous :

  1. on copie-colle un Domino existant (par exemple, un de ceux qui fixent les côtés au dessous),
  2. on modifie leurs coordonnées de dessin OpenOffice Draw,
  3. et au final, on aura dessiné ça :

Quelles positions donner à ces Dominos de la traverse haute ?

Eh bien... Là on peut décider de les placer à 20 ou 25 mm de chaque bord de la traverse.

Si je ne suis pas très précis pour ces positions-là c'est que, dans ce cas... ce n'est pas très important...

L'important c'est d'usiner correctement les deux mortaises à chaque bout de la traverse. Comme on le verra par la suite, usiner des mortaises à la Domino ne demande qu'un minimum de préparation sur les pièces à assembler : des traits bien en face les uns en face des autres. Le reste, c'est la Domino qui s'en charge, et ça va très très vite !

Dessiner les perçages au pas de 32

Le billet Le pas de 32, travaux pratiques expliquait les cotes à respecter pour effectuer un perçage au pas de 32 :

  • Première rangée de perçages verticaux à 37 mm du bord avant du meuble,
  • Deuxième rangée de perçages verticaux situés à n x 32 mm derrière la première rangée.

Pour transformer ces cotes en coordonnées de dessin OpenOffice il faudra :

  1. Connaître la coordonnée X du bord avant du meuble, à laquelle on retranchera 37 mm,
  2. Déterminer où placer la deuxième rangée de perçages verticaux.

Sur la vue de gauche, pour ce caisson, la coordonnée X du bord avant du meuble est 585 mm. 585 - 37 = 548.

La deuxième rangée de perçages est située n x 32 mm après la première.

Si on a l'intention de monter des coulisses de tiroirs dans ces caissons, il est important de respecter les cotes normalisées du pas de 32 entre les deux rangées de perçages.

Si on ne met que des étagères dans les caissons, c'est moins sensible.

Mais si on fait du pas de 32, autant le faire correctement ! :-)

Les illustrations du billet Le pas de 32, travaux pratiques donnent les cotes de perçages pour différentes types de coulisses. Dans un caisson de 585 mm de profondeur, on peut placer des coulisses de 550 mm de longueur, ce qui donne, selon le modèle de coulisse, un cote de perçage à 448 ou 480 mm de la première rangée.

On va percer pour des coulisses à galets, ce qui donne en coordonnées X d'OpenOffice :

585 - 37 - 480 = 68

Et pas 69... Tssss ! Même pas coquins les concepteurs du pas de 32...

Le dessin des perçages au pas de 32 sur la vue de gauche va maintenant être très simple et rapide :

  1. Tout d'abord, on active la couche Usinages :
  2. De la vue de face, on copie-colle un perçage pas de 32 existant :
  3. On lui affecte les premières coordonnées que l'on a caclulées (x = 548) :
  4. Ça y est, c'est dessiné !

On dessine maintenant la deuxième rangée de perçages, celle proche du fond du caisson :

  1. On copie-colle la première rangée de perçages :
  2. On lui affecte les deuxièmes coordonnées que l'on a calculées (x = 68) :
  3. Et voilà le travail !

Pour passer les perçages pas de 32 de la vue de face à la vue de gauche, il n'y a eu besoin que de deux copier-coller et seulement deux saisies de coordonnées X...

On ne dessinera pas la troisième rangée de perçages (celle que l'on voit au milieu du fond du caisson sur le vue de face) : elle aurait été positionnée sur le fond du caisson, et aurait brouillé la lecture des Dominos.

L'étape suivante

Il reste à dessiner la vue de dessus. On y fera un usage plus intensif des lignes de projection, ces lignes qui permettent à la fois de positionner les éléments du caisson et contrôler la cohérence du plan.

À suivre...

P.S. : télécharger le plan du caisson à ce stade du dessin.

Le dessin de la vue de dessus

Il reste à dessiner la vue de dessus du caisson, afin de disposer de (presque) toutes les informations nous permettant de poursuivre sa fabrication.

Dans cette vue de dessus, nous dessinons tout ce que nous verrions si nous regardions le caisson par le haut.

Accessoirement, et bien que cela ne soit pas très orthodoxe, nous allons aussi représenter les éléments qui ne se voient pas, comme les pieds du caisson, les éléments d'assemblages (ici, des Dominos) et les usinages (ici, les perçages au pas de 32).

Pour différencier les éléments qui se voient de ceux qui ne se voient pas, on dessinera les premiers en traits continus, et les seconds en pointillés.

Dessiner cette vue de dessus sera plus rapide car :

  • nous avons déjà disposé la plupart des éléments du caisson dans la vue de face et dans le vue gauche ,
  • et, à partir de ces éléments déjà placés, nous allons nous servir de lignes de projections pour déterminer leur position dans la vue de dessus.

Voici à quoi ressemblait notre plan à la fin du précédent billet :

Le plan du caisson de 500 mm, avec la vue de face et la vue de gauche

Affichons les repères :

Le plan du caisson de 500 mm, avec la vue de face et la vue de gauche, repères affichés

Et voici la zone du plan où sera dessinée la vue de dessus :

La zone du plan pour la vue de dessus

Pour commencer, on va dessiner le côté gauche du caisson. Vu de dessus, ce côté gauche fait 16 mm d'épaisseur et 585 mm de haut :

Sur le plan, il est disposé contre le repère gauche de la feuille, qui symbolise la limite à gauche de la vue de dessus.

Pour dessiner ensuite le côté droit du caisson, on copie-colle ce côté gauche et on le positionne contre le repère à droite :

Maintenant, en positionnant des lignes de projection sur le dessin des côtés sur la vue de face, on s'aperçoit que ces lignes de projection se trouvent également sur les côtés que l'on vient de dessiner dans la vue de dessus :

Deux lignes de projection (en rouge)

Cette coïncidence confirme le placement correct des côtés du caisson sur la vue de dessus.

OpenOffice Draw ne dispose pas de fonctionnalité ligne de projection.

A la place, on peut utiliser les repères pris dans les règles.

Toutefois, pour la clarté de ce tuto, j'ai tracé ces lignes de projection "à la main" (ce sont de simples lignes droites) et je les ai colorées distinctement des repères classiques d'OpenOffice.

Utilisation des lignes de projection pour placer un élément d'une vue sur une autre

On va s'occuper de la traverse haute. Sur la vue de face, elle est dessinée ici :

Et sur la vue gauche elle est dessinée ici :

Il reste à la dessiner dans la vue de dessus. Pour cela, on va utiliser son dessin sur la vue gauche et quatre lignes de projection.

On place d'abord deux lignes de projection verticales, de part et d'autre de la traverse :

Puis, à l'intersection avec la ligne oblique, on place deux lignes de projection horizontales et l'emplacement de la traverse haute sur la vue de dessus est maintenant délimité :

Il ne reste qu'à dessiner la traverse à l'emplacement délimité par les lignes de projection.

On va faire les mêmes opérations pour le fond du caisson. Sur la vue de gauche, on dispose deux lignes de projection verticales sur le fond du caisson puis deux lignes horizontales à leur intersection avec la ligne oblique :

L'emplacement pour le dessin du fond sur la vue de dessus est maintenant délimité, il n'y a qu'à le dessiner là.

On procède ainsi pour les autres éléments des vues de face et vue de gauche. Voici par exemple les lignes de projections pour dessiner les Dominos sur la vue de dessus, à partir de la vue de gauche :

Lignes de projection pour dessiner les Dominos assemblant le fond du caisson aux côtés.

Oui, vous avez bien vu : pour ces Dominos, je n'ai représenté que les lignes de projection à partir de la vue de gauche, pas celles à partir de la vue de face... :-)

Autant le dire de suite : faire les lignes de projection ainsi avec OpenOffice Draw... c'est plutôt laborieux, mais on y arrive :-) On peut également utiliser les repères d'OpenOffice Draw pour la même tâche.

La question des pieds

Les pieds n'ont été dessinés que sur la vue de face. En plaçant des lignes de projection depuis cette vue vers la vue de dessus, on ne délimite qu'une partie de la zone dans laquelle ils devront être dessinés... mais sans dire précisément où :

En général, on place les pieds à 100 mm en retrait de la façade d'un caisson. On a vu dans ce billet que les pieds faisaient 59,6 mm de large, on va donc dessiner des cercles de 59,6 mm de large et on va les positionner à 100 mm de la façade :

Et on va faire la même chose pour les pieds arrière :

Projeter les pieds sur la vue gauche

On peut maintenant compléter la vue de gauche, on va projeter des lignes de projection à partir des pieds vers la vue gauche. On fait la même chose que l'on a fait pour les Dominos de la vue gauche, mais dans l'autre sens :

Et enfin, on tire une ligne de projection depuis la vue de face vers la vue gauche :

On sait maintenant où positionner les pieds sur la vue gauche.

Les Dominos

J'ai dessiné précédemment des lignes de projection pour les Dominos qui assemblent les côtés au dessus du caisson :

Lignes de projection pour dessiner les Dominos assemblant le fond du caisson aux côtés.

Il reste à dessiner les Dominos qui assemblent le dos du caisson au dessous du caisson. On va également utiliser pour eux les lignes de projection. Elles partent de la vue de face et vont vers la vue de dessus :

Lignes de projection pour dessiner les Dominos assemblant le dos du caisson au dessous.

On y est presque...

Tous les éléments significatifs de notre caisson ont été placés sur notre plan réalisé à l'échelle 1. Il ne manque plus qu'une chose : les cotes.

Ce sera l'objet du prochain billet :-)